Quelques rappels sur le sommeil normal  
  Les outils du diagnostic de l’hypersomnie  
   
  La narcolepsie  
   
  L’hypersomnie idiopathique  
  Les hypersomnies récurrentes : syndrome de Kleine-Levin  
  Les privations de sommeil  
  Les troubles de l’horloge biologique : syndrome de retard de phase  
  Les désordres respiratoires : syndrome d’apnées obstructives du sommeil  
  Le syndrome des jambes sans repos et les mouvements périodiques des jambes pendant le sommeil  
  Autres causes d’hypersomnie  
 
  Quelques rappels sur le sommeil normal
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  Avant de vous présenter les outils de diagnostic et les différentes causes possibles de l’hypersomnie, nous allons faire quelques brefs rappels sur le sommeil normal (stades de sommeil, cycle...).


Chez l’homme, il n’y a pas deux mais trois états de conscience qui décrivent le rythme veille-sommeil :
    • l’éveil,
    • le sommeil lent léger et profond,
    • le sommeil paradoxal.
 
 


Ces états de conscience se définissent grâce à la polysomnographie qui est l’enregistrement simultané de signaux électriques venant du cerveau mesurés avec l’électroencéphalogramme (EEG), des mouvements des yeux enregistrés avec l’électro-oculogramme (EOG) et du tonus musculaire grâce à l’électromyogramme (EMG).

 
 
  L’endormissement se définit par une perte de conscience de l’environnement, un relâchement musculaire et une fermeture des paupières. Puis survient le sommeil lent léger commençant par le stade 1 puis le stade 2. Pendant ce sommeil lent léger :
  • le cerveau se ralentit doucement,
  • il se produit une détente musculaire et mentale, avec maintien du tonus musculaire,
  • il existe quelques mouvements oculaires lents.

Ce sommeil de transition est le sommeil de la sieste, il n’y a pas de rêves. Une nuit compte environ 55% de sommeil lent léger.

Après ce sommeil lent léger survient le sommeil lent profond (stade 3 et stade 4). Pendant ce sommeil profond :
  • le cerveau est envahi d’ondes lentes mesurées grâce à l’EEG,
  • le tonus musculaire est toujours présent, mais sans mouvements,
  • l’EOG n’enregistre plus de mouvements des yeux.

Ce sommeil lent profond permet de réparer la fatigue physique et musculaire, de maintenir la température corporelle interne, de lutter contre les infections, et il permet la croissance. Il représente environ 25% de la nuit.

Après ce sommeil lent profond, s’ensuit une période dite de sommeil paradoxal (ou REM sleep pour Rapid Eye Movement sleep = sommeil à mouvements oculaires rapides). Pendant cette période :
  • le cerveau est actif,
  • il n’y a aucun tonus musculaire,
  • à l’EOG, des mouvements oculaires rapides en opposition de phase sont enregistrés.

Le sommeil paradoxal a pour fonction de réparer du stress et de la fatigue mentale. Il joue un rôle dans les phénomènes de mémorisation. C’est le sommeil des rêves. Il occupe 20% de la nuit.
 
 
 

Au cours d’une nuit, les différents stades de sommeil s’enchaînent pour former un cycle de sommeil. Un cycle se compose : de sommeil lent léger (stades 1 et 2), de sommeil lent profond (stades 3 et 4) et enfin de sommeil paradoxal. Chaque cycle dure entre 1 à 2 heures, et il y a environ 4 à 6 cycles de sommeil par nuit.

 
 
 

La composition des cycles de sommeil varie au cours de la nuit. En effet, plus on avance dans la nuit, moins il y a de sommeil lent profond et plus il y a de sommeil paradoxal. On peut voir cela sur l’hypnogramme qui représente schématiquement le déroulement d’une nuit.

 
 
  Les outils du diagnostic de l’hypersomnie
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  L’hypersomnie est un ensemble de troubles du sommeil caractérisés par un besoin excessif de sommeil avec un allongement de la durée de la nuit et une somnolence excessive dans la journée.

L’hypersomnie peut avoir de nombreuses causes ce qui explique que son diagnostic soit difficile et qu’elle soit souvent confondue avec de la fatigue ou de la dépression. Elle peut se manifester sous différentes formes par :
  • un allongement de la durée de la nuit avec difficultés à émerger le matin,
  • une somnolence et/ou des accès de sommeil irrépressibles au cours de la journée qui limitent les activités du patient et l’obligent à faire des siestes,
  • des périodes de plusieurs jours de sommeil qui surviennent de façon récurrente.
 
 
 

Ce symptôme est relativement fréquent. Différentes études ont montré qu’une hypersomnie, une somnolence diurne excessive ou des accès de sommeil étaient retrouvés chez 5% de la population adulte masculine et féminine. Cependant, ce symptôme est parfois négligé par les patients qui, à l’inverse de l’insomnie, ne s’en plaignent pas toujours. Pourtant, l’hypersomnie diurne peut avoir de sérieuses conséquences sur la vie sociale, familiale et professionnelle, et en particulier sur la route, c’est un véritable danger et une cause majeure d’accidents.

 
 
 

En pratique, différents tests simples permettent d’apprécier une plainte de somnolence et d’orienter le diagnostic en vue d’un traitement.

 
 
 
 
  • Sur le plan subjectif : l’échelle d’Epworth et l’agenda du sommeil
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    L’échelle de somnolence d’Epworth est un des autoquestionnaires les plus connus qui permet de quantifier la somnolence de façon subjective. Un score total au questionnaire d’Epworth supérieur à 10 peut évoquer une hypersomnolence.

    L’agenda du sommeil permet quant à lui d’analyser le sommeil, les habitudes et l’hygiène du sommeil sur une période de plusieurs jours (en général sur une durée de 3 semaines à 1 mois). Le sujet doit y noter quotidiennement différentes informations.

     
     
     

    Sur une échelle de temps, il doit indiquer les heures de coucher et d’endormissement, les heures de réveil et de lever, ainsi que les éventuelles périodes de siestes. L’espace correspondant aux moments où la personne a dormi sera hachuré. Il est également demandé de donner une appréciation subjective et personnelle de la qualité du sommeil et de l’éveil en journée, soit en mettant une note sur 10, soit à l’aide d’échelles visuelles analogiques, selon les modèles d’agendas du sommeil.

     
     
       
     
     
     
  • Sur le plan objectif : évaluation de la nuit et du jour
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      La polysomnographie (PSG) permet de quantifier le sommeil. Elle consiste à enregistrer au cours d’une nuit ou sur 24 heures, dans un laboratoire de sommeil ou en ambulatoire, différents paramètres du sommeil utiles au diagnostic :
    • L’électroencéphalogramme (EEG) est l’enregistrement électrique de l’activité du cerveau. Il permet de déterminer la structure du sommeil et d’en identifier les différents stades.
    • L’électro-oculogramme (EOG) enregistre les mouvements des yeux.
    • L’électromyogramme (EMG) mesure l’activité musculaire au niveau du menton (la disparition du tonus musculaire du menton signe le stade de sommeil paradoxal) et au niveau des jambes (pour dépister l’existence de mouvements périodiques des jambes).

    L’évaluation de la fonction respiratoire et cardiaque à l’aide de différents capteurs est également souvent réalisée.

    La plainte de somnolence peut être appréciée en réalisant un Test Itératif de Latence d’Endormissement (TILE).

    Le Test de Maintien d’Eveil (TME) ressemble au TILE mais au lieu de chercher à s’endormir, le patient doit garder les yeux grand ouverts et rester éveillé, malgré des conditions propices au sommeil.

    A l’issue de l’interrogatoire du patient et des résultats de ces différents examens, il est en général possible de déterminer si l’hypersomnie est primaire (narcolepsie, hypersomnie idiopathique, maladie de Kleine-Levin), due à une privation de sommeil ou à des troubles du rythme veille-sommeil (travail posté par exemple), à des désordres respiratoires (syndrome d’apnées du sommeil et syndrome de haute résistance des voies aériennes supérieures), à des impatiences et/ou des mouvements périodiques (syndrome des jambes sans repos et mouvements périodiques) ou en rapport avec une maladie organique.

     
     

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      La Narcolepsie
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  • Présentation
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      La narcolepsie, ou Maladie de Gélineau, est une maladie rare d’origine génétique qui touche le sommeil et associe des accès de sommeil et des attaques de faiblesse musculaire ou cataplexies. Historiquement, cette maladie est connue depuis le 19ème siècle et fut décrite en 1880 par le Dr Gélineau chez un marchand de barriques de vin qui, depuis l’âge de 36 ans, s’endormait malgré lui dans la journée et présentait des chutes liées aux émotions.  
     
      La prévalence de la narcolepsie n’est pas connue avec certitude. Elle se situe suivant les études entre 0,05% (étude américaine) et 0,02% (étude française dans le département du Gard). En France, la narcolepsie est un peu moins fréquente que la sclérose en plaques et touche entre 25 000 et 38 000 sujets. Les hommes sont plus souvent atteints que les femmes (2 hommes pour 1 femme).

    L’âge de début est variable, de la première enfance à la cinquantaine avec un pic principal vers 15 ans et un pic secondaire vers 36 ans. Grâce à une meilleure connaissance des symptômes de la maladie, le diagnostic de la narcolepsie, qui était classiquement fait en moyenne 10 ans après l’apparition des premiers symptômes, est aujourd’hui beaucoup plus court. Dans plus de la moitié des cas, on retrouve des circonstances de début particulières dans les jours ou les semaines qui ont précédé l’apparition des premiers signes : traumatisme, stress psychologique important, modification des horaires de sommeil, maladie, grossesse…
     
     
     
  • Symptômes
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    Les 2 principaux symptômes de la narcolepsie sont la somnolence et les cataplexies.

     
     
     
  • Cette somnolence est diurne, c’est-à-dire qu’elle survient dans la journée, par vagues successives, avec un rythme et une durée variables selon les patients. Elle peut ou non se produire aux mêmes heures chez une même personne et être surmontée, ou conduire à des accès de sommeil irrépressibles, c’est-à-dire contre lesquels on ne peut pas lutter.
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    Lors d’un accès, le patient est littéralement saisi par le sommeil (narcolepsie signifie en grec saisi de sommeil) en pleine activité (en conduisant, en lisant, en mangeant, en parlant...). Il s’endort d’un seul coup, parfois directement en phase de sommeil paradoxal (la phase des rêves) et non, comme les sujets normaux, en phase de sommeil lent.

    Après un sommeil dont la durée et la qualité varient selon la sévérité de la maladie, le réveil est normal. Si l’accès de somnolence survient au cours d’une activité, il arrive que le patient poursuive, à moitié endormi, cette activité de façon automatique et présente un comportement anormal (paroles totalement hors du contexte, rangement d’objets dans des endroits inappropriés, conduite d’un véhicule en un lieu imprévu).


    La somnolence est le symptôme dominant et le premier à apparaître.

     
     
     
  • La cataplexie est un brusque relâchement musculaire déclenché par une émotion en général agréable (surprise, plaisanterie, compliment, fou-rire, annonce d’une bonne nouvelle...) mais parfois également une émotion négative (colère, stress…).
  • L’attaque de cataplexie est le plus souvent partielle c’est-à-dire qu’elle ne concerne que certains muscles.

     
     
     

    Elle entraîne alors, pendant une fraction de seconde ou quelques minutes, un affaissement de la tête, un relâchement du visage, une gêne à prononcer les mots, un dérobement des genoux suivant le groupe musculaire touché. Mais elle peut aussi être totale et provoquer une chute. Dans tous les cas, le malade reste tout à fait conscient mais totalement incapable de réagir, d’où un sentiment de trouble ou de panique intérieure qui risque d’entretenir le processus.

     
     
     

    Les signes de la cataplexie sont parfois très discrets et le patient ne sait pas toujours les reconnaître et les considérer comme des signes anormaux qui peuvent faire partie d’une maladie particulière. C’est pourquoi il est important d’interroger soigneusement les personnes à la recherche de signes minimes de cataplexie.

     
     
     

    Dans l’ordre d’apparition des symptômes de la narcolepsie, les cataplexies surviennent en général après la somnolence.


    D’autres signes cliniques sont dits accessoires dans la mesure où ils ne sont pas indispensables au diagnostic de la narcolepsie, mais ils peuvent compléter le tableau. Il s’agit des hallucinations et des paralysies.

     
     
     
  • Les hallucinations à l’endormissement (hypnagogiques) ou au réveil (hypnopompiques) sont fréquentes. Elles sont parfois tellement angoissantes (irruption dans la chambre d’animaux, de présences gênantes, morceaux de musique entendus, voix, cris...) que la personne qui en est victime appréhende d’aller se coucher de peur qu’elles ne viennent hanter ses nuits. Ces hallucinations sont retrouvées, quel que soit le stade d’évolution, chez les 2/3 des patients. Il s’agit d’irruptions d’épisodes de rêve dans la réalité qui ne sont pas du tout révélatrices de troubles psychologiques.
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  • Les paralysies du sommeil, souvent associées aux hallucinations, sont également extrêmement désagréables et angoissantes. Le sujet se réveille, mais, pendant quelques minutes, il est comme paralysé, ne pouvant ni bouger ni respirer avec une amplitude normale. La motricité revient en quelques secondes à minutes. Pour mettre fin à cet état, certains patients mettent au point un code avec leur conjoint afin que celui-ci les mobilise. Ces paralysies du sommeil touchent un peu plus de la moitié des narcoleptiques. Toutefois, elles peuvent aussi survenir chez le sujet sain.



  • L’association de ces quatre symptômes (somnolence, cataplexies, hallucinations à l’endormissement ou au réveil et paralysies du sommeil) constitue, lorsqu’elle existe, la classique tétrade symptomatique de la narcolepsie. Statistiquement :
    • La somnolence diurne excessive est présente dans 100% des cas et s’accompagne de conduites automatiques dans 80% des cas.
    • La cataplexie concerne 70% des malades. Dans 30% des cas, elle n’est pas présente au début de la maladie, et 10 à 15% des malades n’ont pas de cataplexie.
    • Les hallucinations hypnagogiques concernent 30% des patients, et les paralysies du sommeil 25%.
    • La tétrade symptomatique est retrouvée dans 25% des cas.

    D’autres troubles du sommeil tels qu’un sommeil perturbé par de nombreux éveils, des parasomnies à type de somniloquies (parler en dormant) et de troubles du comportement du sommeil paradoxal sont fréquents chez les narcoleptiques.

     
     
     
     
  • Diagnostic
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      Si le diagnostic est essentiellement clinique et repose sur l’association d’épisodes de sommeil diurne récurrents et/ou d’endormissements survenant presque tous les jours sur une période d’au moins six mois et sur la confirmation clinique des cataplexies, les examens en laboratoire de sommeil peuvent être très utiles au diagnostic dans les cas litigieux.  
     
      L’enregistrement polysomnographique (PSG), qui peut se pratiquer dans un laboratoire de sommeil ou en ambulatoire, enregistre les paramètres du sommeil au cours d’une nuit. Il associe un ou plusieurs électroencéphalogrammes (EEG) qui reflètent l’activité électrique du cerveau pendant le sommeil, un électromyogramme (EMG) des muscles du visage, un électro-oculogramme (EOG) pour mesurer les mouvements oculaires, et l’enregistrement des paramètres respiratoires et cardiovasculaires. Il permet de mettre en évidence les perturbations du sommeil et d’évaluer le degré de sévérité de la maladie.  
     
      La PSG montre souvent un endormissement plus rapide que la normale en sommeil paradoxal (latence du sommeil paradoxal inférieure à 60 mn).

    Cet examen est suivi du Test Itératif de Latence d’Endormissement (TILE). Les critères diagnostiques de la narcolepsie sont :
    • une latence d’endormissement inférieure à 8 mn dans les 5 sessions du TILE,
    • au moins 2 endormissements en sommeil paradoxal (tout endormissement dans lequel le sommeil paradoxal apparaît dans un délai de 10 à 15 mn après l’endormissement).
     
     
     
     
  • Diagnostic différentiel
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      Lorsque le tableau clinique n’est pas typique, il est difficile de faire le diagnostic de narcolepsie. Si la somnolence est au premier plan et que les cataplexies sont peu typiques, le patient peut être, à tort, considéré comme un malade psychiatrique ou peu enclin au travail. Les examens complémentaires sont alors indispensables.  
     
     
  • Les causes
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      Les causes de la narcolepsie sont encore mal connues. La découverte de cas familiaux est en faveur d’une origine génétique. Toutefois, on ne connaît pas avec certitude le mode de transmission.


    La survenue d’un évènement traumatisant (deuil, maladie, grossesse, brusque changement des horaires de sommeil...) dans les semaines ou les mois qui ont précédé l’apparition de la maladie semble jouer le rôle de facteur déclenchant sur un terrain génétiquement prédisposé. Un mécanisme auto-immun est évoqué.
     
     
      La découverte chez des sujets narcoleptiques de deux antigènes HLA particuliers (le système HLA est un ensemble d’antigènes présents sur toutes les cellules d’un même individu et fait partie du système de compatibilité des tissus de l’organisme) oriente vers un mécanisme génétique de la maladie. Il s’agit des antigènes HLA-DR2 et DQ1 qui ont été retrouvés avec une fréquence élevée chez les narcoleptiques (chez 98% des patients de race caucasienne contre 30% dans la population générale). Toutefois, la recherche de cet antigène n’est pas systématique, et sa présence ne suffit pas à affirmer le diagnostic.  
     
      Les dosages effectués dans le liquide céphalo-rachidien des patients narcoleptiques ont montré une importante diminution voire un effondrement des taux d’hypocrétine ou orexine (neurotransmetteur cérébral secrété par l’hypothalamus). Ces études ouvrent de nouvelles hypothèses sur l’origine de la maladie.  
     
     
     
  • Evolution
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      La narcolepsie est une maladie chronique c’est-à-dire qu’elle persiste toute la vie. Elle est plus ou moins handicapante selon son degré de sévérité.


    On ne guérit pas des accès de somnolence mais certains patients réussissent à gérer leur hypersomnie avec un traitement éveillant bien conduit et une gestion astucieuse de courtes siestes au cours de la journée. Les attaques de cataplexie ont une évolution variable. Elles peuvent disparaître avec l’âge ou lorsque le patient apprend à mieux contrôler ses émotions. Les hallucinations hypnagogiques disparaissent la plupart du temps au bout de 4 à 5 ans.


    Toutefois, la plupart des patients narcoleptiques sont plus exposés au risque d’accidents du travail ou de la circulation. Une collaboration étroite entre le médecin traitant, le spécialiste du sommeil et le médecin du travail doit aider à surmonter les difficultés familiales et professionnelles liées à sa maladie.


    Après l’âge de 60 ans, qui correspond globalement à celui de la retraite, les symptômes ont généralement tendance à s’estomper car l’absence de contraintes horaires liées à l’activité professionnelle facilite considérablement la gestion de la somnolence.
     
     

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    Regardez la vidéo réalisée pour la 1ère Journée européenne de la Narcolepsie le 18 Mars 2010



    Version en anglais



    Copyright : Neurocenter Of Southern Switzerland, Lugano
     
     
      L’hypersomnie idiopathique
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      Plus rare que la narcolepsie, l’hypersomnie idiopathique est une affection chronique souvent familiale qui débute presque toujours avant l’âge de 30 ans.


    Longtemps confondue avec la narcolepsie elle s’en distingue par l’absence d’endormissements en sommeil paradoxal, de cataplexies et de paralysie du sommeil. Le signe le plus caractéristique est une somnolence diurne quasi permanente.
     
     
      Le sujet a l’impression de n’être jamais complètement réveillé. S’il fait la sieste dans la journée, il se réveille fatigué. La nuit, il dort longtemps et a beaucoup de mal à émerger le matin. Pendant plusieurs heures après le réveil, il se plaint de troubles de la vigilance : ivresse du sommeil, désorientation temporo-spatiale (perte des repères de temps et de lieu), lenteur de la pensée et de la parole, difficultés motrices.  
     
      Les examens complémentaires montrent :
    • à la polysomnographie (PSG), un sommeil prolongé la nuit, mais de structure normale avec un endormissement en sommeil lent,
    • une latence d’endormissement au TILE légèrement inférieure à 10 mn.

    L’hypersomnie idiopathique serait due à un mauvais fonctionnement de certains systèmes de transmission d’un neuromédiateur (le système noradrénergique) impliqué dans le sommeil. Différentes études semblent prouver la nature génétique de la maladie mais aucune association avec un groupe HLA n’a été trouvée.


    La maladie persiste toute la vie sans tendance à l’amélioration spontanée, et ses conséquences sociales, familiales et professionnelles sont comparables à celles de la narcolepsie.
     
     

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      Les hypersomnies récurrentes : syndrome de Kleine-Levin
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      Ces affections rares se manifestent par des périodes de sommeil plus ou moins continues. Ces épisodes de sommeil durent en moyenne une semaine et peuvent se répéter de façon récurrente, à intervalle variant de un à plusieurs mois ou même années.


    La plus connue des hypersomnies récurrentes est le syndrome de Kleine-Levin. C’est une maladie très particulière qui associe des épisodes de sommeil à des troubles du comportement alimentaire (nourriture excessive ou mégaphagie, véritable goinfrerie), du comportement sexuel (hypersexualité avec désinhibition) et des troubles psychiques (irritabilité, parfois violence). Entre les accès, la vigilance et le comportement des sujets sont normaux.
     
     
    La maladie affecte essentiellement les hommes et se déclare en général vers l’âge de 20 ans. La fréquence et la sévérité des accès s’atténuent et disparaissent au fil des années. L’origine de ce syndrome est inconnue mais les hypothèses de recherche s’orientent vers un trouble du fonctionnement de la partie médiane du cerveau, le diencéphale.
     
     
    Les autres hypersomnies récurrentes sont en rapport avec une maladie organique (tumeur cérébrale, maladies du système nerveux central ou affections psychiatriques).
     

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      Les privations de sommeil
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      Le manque de sommeil risque aussi d’entraîner, s’il se répète, une dette chronique de sommeil dont la première conséquence est une somnolence diurne.  
     
      On considère que 25% des personnes qui travaillent en horaires irréguliers (travail posté) ne dorment pas suffisamment pour avoir un niveau d’éveil normal. La dette de sommeil s’accumule, devient chronique et retentit sur la vie socioprofessionnelle. Elle entraîne une diminution des performances, en particulier dans les tâches qui nécessitent une attention soutenue, et différents troubles tels qu’une irritabilité, des troubles de l’appétit, de la coordination...  
     
      Quels sont nos besoins de sommeil ? La plupart des adultes en France dorment entre 7h et 8h par 24 heures. Pour des raisons liées au travail, à la vie familiale, aux loisirs (télévision, Internet...) et aux transports, de très nombreuses personnes sont privées de sommeil au cours de la semaine.


    Si le temps de sommeil est inférieur à 6h par 24 heures, le risque de somnolence est très élevé. Aussi, si vous êtes somnolent, il est utile de calculer d’abord votre temps moyen de sommeil sur une semaine. Notez pour cela vos heures de coucher et de lever du lundi au dimanche puis faites la moyenne pour connaître votre temps moyen de sommeil par jour. Vous pouvez également utiliser un agenda du sommeil à télécharger.
     
     
      Les troubles de l’horloge biologique : syndrome de retard de phase
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      Le trouble de l’horloge biologique le plus fréquent est le syndrome de retard de phase. Il se caractérise par un endormissement et un réveil retardés par rapport aux horaires habituels souhaités.
     
      Ce trouble touche plus particulièrement les adolescents et les adultes jeunes. Ceux-ci prennent l’habitude de se coucher tard pendant les vacances (sorties nocturnes) ou de travailler tard dans la nuit en période d’examens mais ils doivent se lever assez tôt au cours de la semaine pour des raisons scolaires ou professionnelles.
     
      Au bout d’un certain temps, l’horloge biologique se décale et le sujet n’arrive plus à avancer son heure d’endormissement d’où une somnolence diurne matinale excessive s’il est obligé de se lever tôt.  
     
     

    Les désordres respiratoires :
    Syndrome d’apnées obstructives du sommeil

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      Parmi les désordres respiratoires, le Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS) est une pathologie fréquente qui touche 4 à 6% de la population. Il s’accompagne très régulièrement de somnolence diurne plus ou moins sévère.


    Le SAOS se caractérise par la survenue, au cours du sommeil, de pauses respiratoires répétées (plus de 10 pauses par heure de sommeil et durant plus de 10 secondes chez l’adulte) qui entraînent une asphyxie plus ou moins importante.
     
     
     

    Ces pauses sont dues à des occlusions complètes (apnées) ou incomplètes (hypopnées) du pharynx. Sur le plan anatomique, cette région complexe est constituée de parois comportant des muqueuses, des muscles et des aponévroses. Il n’existe aucune structure rigide de soutien et le pharynx est donc susceptible de se déformer. L’existence d’une anomalie des voies aériennes ou des muscles respiratoires peut être bien compensée dans la journée et n’entraîner aucun trouble, alors qu’au contraire elle se manifestera pendant le sommeil, favorisée par le relâchement musculaire et la position allongée.

    Ces pauses respiratoires sont presque toujours associées à un ronflement important. Elles peuvent s’accompagner de sensations d’étouffement la nuit, d’un sommeil agité, d’une transpiration nocturne abondante et de fréquents levers pour uriner. Le sujet se plaint souvent de maux de tête au réveil, d’irritabilité, de troubles sexuels, de troubles de la mémoire et de la concentration et peut présenter des signes de dépression. Il se sent fatigué dès le réveil et somnolent dans la journée.

     
     
     

    La principale conséquence du SAOS est de perturber le sommeil et donc de retentir sur la vigilance diurne, avec un net impact sur la qualité de vie des patients et un risque accru d’accident de la circulation. L’existence d’apnées du sommeil favorise également la survenue de complications cardiaques et vasculaires (troubles du rythme cardiaque, hypertension artérielle, infarctus du myocarde, Accident Vasculaire Cérébral ou AVC). C’est pourquoi il est essentiel de dépister et de traiter précocement le SAOS.


    D’autre part, 60% des patients atteints de SAOS ont soit un diabète soit une résistance à l’insuline. Ce trouble doit être recherché par l’épreuve de l’hyperglycémie provoquée (dosage de l’insuline dans le sang après surcharge en sucre).

     
     
      En l’absence de traitement, il se produit une inflammation de la paroi des vaisseaux qui conduit à un véritable remodelage vasculaire avec risque de problèmes cardiovasculaires (insuffisance coronaire, hypertension artérielle, accident vasculaire cérébral...). Inversement, 50% des sujets diabétiques (type II) présentent un SAOS et 10% un SAOS sévère.  


     
     

    Le syndrome des jambes sans repos et
    Les mouvements périodiques des jambes pendant le sommeil

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      Aussi appelé syndrome d’impatiences des membres inférieurs, le syndrome des jambes sans repos se manifeste par des sensations désagréables ressenties au cours de la veille. Les mouvements périodiques sont des mouvements de jambes et de pieds qui surviennent pendant le sommeil, de façon involontaire.  
     
      On sait qu’environ 80% des patients qui présentent un syndrome d’impatiences des membres inférieurs ont également des mouvements périodiques des jambes au cours de leur sommeil. A l’inverse, seules 30% des personnes qui ont des mouvements périodiques ont aussi un syndrome d’impatiences. Toutefois, les mouvements périodiques du sommeil peuvent exister de façon isolée.  


     
     

    Autres causes d’hypersomnie

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      En dehors des troubles spécifiques du sommeil, il existe de nombreuses autres causes d’hypersomnie. La somnolence peut être induite par la prise d’alcool ou de certains médicaments : antihistaminiques, antidépresseurs, psychotropes, neuroleptiques, anxiolytiques, antimigraineux, antiparkinsoniens, antihypertenseurs, antiépileptiques.


    Elle peut également être en rapport avec une autre pathologie :
    • psychiatrique telle que la dépression,
    • neurologique comme la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer, une démence, une tumeur cérébrale,
    • métabolique,
    • infectieuse où toute fièvre peut être responsable de somnolence,
    • endocrinienne comme l’hypothyroïdie, le diabète...


    Tableau des différentes étiologies de la somnolence diurne excessive
    1. Induite
     
      • Insuffisance de sommeil
      • Alcool
      • Hypnotiques ou autres traitements
    2. Pathologique
     
    • Primaire
      • Narcolepsie
      • Hypersomnie idiopathique
      • Hypersomnie récurrente
    • Secondaire
      • Hypersomnie d’origine psychiatrique, neurologique, infectieuse, métabolique, endocrinienne
      • SAOS (Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil)
    3. Circonstancielle
     
      • Travail posté
      • Jet lag (décalage horaire)
      • Retard ou avance de phase
      • Syndrome hypernycthéméral (chez les non-voyants)

    Ces hypersomnies nécessitent souvent une exploration dans un centre du sommeil, spécialisé dans la prise en charge des troubles du sommeil et de la vigilance. Pour connaître le centre le plus proche de votre domicile, consultez la liste sur le site dans la rubrique Le réseau de soins > Trouver un centre de diagnostic.
     
     
    Dernière modification le 25/08/2015 03:01:52